14 JUILLET 2010
Monsieur le Conseiller général (absent), messieurs les portes drapeaux, mesdames et messieurs les élus, citoyennes et citoyens, mesdames et messieurs.
En ce jour de 14 Juillet, qui demeure le moment fort de notre République et des valeurs universelles qu’elle porte, et avant que ne s’ouvrent les réjouissances de notre Fête Nationale, j’ai souhaité que cette commémoration débute par un recueillement devant notre monument aux Morts.
Erigé, hier, à la mémoire des combattants tombés durant la Première Guerre mondiale, ce monument commémore et honore, aujourd’hui, l’ensemble des victimes des conflits meurtriers qu’a connu notre nation.
Paradoxalement, ce monument est également une allégorie à la vie car il représente la victoire de la beauté sur la laideur, du bien sur le mal, de la paix sur la guerre. Ce monument à la mémoire des combattants morts au champ d’honneur, devant lequel nous nous recueillons, est un hymne à la vie, tout comme notre Fête du 14 juillet est un hymne à la joie de tout un peuple, de l’ensemble d’une nation, et de notre commune, qui doivent se construire dans l’harmonie et la tolérance.
Le 14 juillet est pour nous tous, citoyens et citoyennes à part entière, notre Fête Nationale. A travers celle-ci, nous commémorons la prise de La Bastille en 1789, comme ce fut le cas pour sa première commémoration lors de la Fête de la Fédération, en 1790. Chaque année, la Fête Nationale rappelle notre attachement, à la République qui fut proclamée en 1792, à ses valeurs, et tout particulièrement au précieux triptyque qui nous unit : « Liberté, Egalité, Fraternité ».
En cette année 1792 se déroula l’élection des députés à la Convention. A cette date, Lauzerte est Lotoise (le Tarn et Garonne n’étant créé qu’en 1808), et le représentant de notre département du Lot est un Lauzertin. Cette Assemblée élaborera la Constitution de l’an 1, reprenant l’idée de Montesquieu sur la séparation des pouvoirs et de Rousseau sur la souveraineté populaire et la suprématie du pouvoir législatif. Ce Lauzertin, député à la Convention, est né ici, dans nos murs, le 3 Juillet 1756. Il se nomme Hugues Guillaume Bernard Joseph MONMAYOU.
Evoquer brièvement sa vie est, certes, lui rendre le légitime hommage que notre cité doit à ses enfants dont les actions marquantes ne méritent surtout pas de partir aux oubliettes de l’Histoire. L’évoquer en ce jour symbolique n’est pas un hasard de circonstance car c’est aussi tracer le parcours d’un républicain intransigeant qui refusa les compromissions qui, pourtant, auraient pu lui assurer une longue carrière politique.
En 1792, MONMAYOU est parmi ces Montagnards qui siègent aux côtés de ROBESPIERRE. En janvier 1793, il vote la mort du roi en se référant à la loi de la République qui réserve ce châtiment aux conspirateurs, Louis XVI étant reconnu comme tel à l’issue de son procès. Ardent révolutionnaire, MONMAYOU poursuit l’action politique au Conseil des Cinq-Cents puis au Conseil des Anciens. En 1795, il se prononce contre le Directoire qui allait conduire au coup d’Etat de BONAPARTE. Pourtant proche du général MURAT (lotois lui aussi), MONMAYOU refusera toujours par conviction républicaine les nombreuses propositions que lui fit l’Empire. Avec la Restauration et le retour de Louis XVIII, la loi de 1816 sur les régicides le conduit à l’exil, d’abord à Genève puis à Lausanne. Ses amis obtiennent sa grâce mais MONMAYOU refuse de rentrer en France. Toujours aussi intransigeant et fidèle à ses valeurs, il dira : « Une loi m’a frappé, c’est une loi qui doit me rappeler ». MONMAYOU meurt en exil à Lausanne, en 1821.
Bien sûr, le chaos des événements – Révolution, République, Directoire, Empire, Restauration – dans lequel s’inscrit l’action politique de MONMAYOU entre 1789 et 1816 n’est plus d’actualité en ce 14 juillet 2010… Même si, ne l’oublions jamais, ce qui nous est donné de voir aux quatre coins de notre planète est trop souvent dramatique pour nombre de citoyens du monde qui n’ont pas le bonheur de vivre dans une République telle que la nôtre.
Chères citoyennes et chers citoyens, ce que nous devons retenir de cet enfant de Lauzerte, cet homme de chair et de sang, ce politique engagé, c’est bien cette inébranlable fidélité qui ne cessa d’accompagner MONMAYOU tout au long de sa vie.
Fidélité à la République, à ses fondamentaux et à ses idéaux de justice,
Fidélité à la loi républicaine, la seule qui garantisse l’égalité des citoyens,,
Fidélité aux valeurs de probité et d’indépendance de la part des serviteurs de la République.
Aujourd’hui comme hier, cette fidélité républicaine ne saurait souffrir aucune espèce d’infidélité sous peine de voir entamer le pacte républicain passé entre les citoyens et leurs représentants, que ces derniers oeuvrent au niveau local ou au sommet de nos institutions. Pacte républicain issu du Siècle des Lumières et de la tourmente révolutionnaire de 1789, pacte toujours présent, vivace, mais pacte ô combien fragile qui, à la moindre fissure, se verrait saper par la gangrène de l’intolérance, du racisme, de la discrimination et de son corollaire le communautarisme.
Voilà le message que nous transmet à travers le temps Hugues Guillaume Joseph MONMAYOU afin qu’il nous accompagne dans nos différentes actions au sein de la société.
Il était juste, je le crois profondément, que lors de ce 14 juillet hommage soit rendu à ce lauzertin historique.
Lauzertins d’hier, lauzertins d’aujourd’hui, chaque génération apporte sa contribution à la construction de notre société, de notre cité.
Je remercie particulièrement mes collègues élus, adjoints et conseillers municipaux de Lauzerte, pour la qualité de leur engagement. Mais il n’y a rien d’extraordinaire en cela, car à mon sens, le mandat électif que vous nous avez confié n’accepte aucune faiblesse de notre part. Il est de notre devoir d’agir pour Lauzerte et ses habitants sans exclusive, dans le respect de nos lois.
Je remercie, également, tous les employés de la commune, je sais que nous sommes exigeants et j’ai plaisir à saluer leur implication au quotidien.
Au 14 juillet nous célébrons les institutions Républicaines, mais aussi toutes les initiatives citoyennes qui font vivre notre cité. C’est pourquoi je tiens à saluer ceux qui par, leur implication professionnelle, leur action au sein d’association, ou tout simplement leur sens civique, participent à la construction du lien social et à l’animation de notre communauté.
Le 14 Juillet c’est aussi une fête populaire, organisée ici par la municipalité. C’est donc l’occasion de passer ensemble un moment agréable et festif. Je me réjouis de votre présence et vous invite à prendre un verre pour boire à l’amitié et à la République Française.
Vive la République.




